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Nouveau Document Qui Présente Les Dangers D’une Comptabilité Frauduleuse Sur l’utilisation Des Terres Pour l’accord Potentiel Sur Le Climat

16 Nov, 2015
Posted in [:en]Paris 2015[:], Climate, Land and Agriculture, Press releases, ressources et publications, Underlying Causes of Forest Loss

15 Nov 2015: Global Forest Coalition (GFC) [1] a lancé un nouveau document [2] aujourd’hui, présentant un aperçu critique des problèmes posés par les règles actuelles de comptabilité du carbone dans le secteur d’utilisation des terres et des forêts, sous le sigle UTCAFT [3]. Ces règles permettent d’échapper aux réductions d’émissions par la tricherie et affaibliront tout nouvel accord sur le climat.

Le document souligne que les règles de comptabilité du carbone sont trop flexibles, confuses et permettent plusieurs formes de tricherie. Dans le cas du Protocole de Kyoto, les parties de l’annexe 1 avaient le droit de gagner de grandes quantités de crédits frauduleux [4]. Ils bénéficiaient également des activités futures de gestion de la forêt qui n’étaient pas encore mises en place, et cela permettait aux pollueurs de continuer à émettre.

« Il n’y a aucune méthodologie efficace qui puisse prendre en compte de façon exhaustive, les changements d’affectation des terres et ses liens en général avec des règles de comptabilité actuelles qui reconnaissent les plantations de monocultures d’arbres comme des forêts » explique Mari Lou Mallig, coordinatrice des campagnes de GFC. « En conséquence, de tels mécanismes de comptabilité encouragent une vision réductionniste de la terre et des forêts, mesurés en fonction de leur carbone, et aggravent les problèmes environnementaux et sociaux en offrant des incitations pour l’expansion des plantations nocives de monocultures d’arbres. »

« Des propositions pour atteindre zéro émission sont fondées sur le postulat naïf que les émissions dans un secteur peuvent être compensées par des émissions ailleurs. Ou que des technologies miracle comme « la bioénergie avec la capture du carbone » (qui n’existe même pas actuellement), peut miraculeusement défier les lois de la physique en générant de l’énergie qui va, simultanément, absorber les gaz à effet de serre de l’atmosphère. Ces solutions technologiques « fixe tout » et de douces illusions ne vont nulle part, » déclare Rachel Smolker co-directrice de Biofuelwatch et membre du conseil d’administration de GFC.

Le document de GFC recommande de rejeter la comptabilité carbone, qui, jusqu’à présent, a permis de massives tricheries dans les deux secteurs sur les terres et dans les autres secteurs et a permis aux pays développés d’échapper à leur responsabilité historique de couper leurs émissions profondément à la source. Il indique également que la bioénergie ne devrait pas être classifiée comme une source d’énergie renouvelable car la biomasse ne repousse pas immédiatement après qu’elle ait brûlé. Il demande aussi que soient rejetés clairement REDD+ [5], les compensations carbone, et autres mécanismes qui causent le déplacement des populations et le remplacement des forêts et écosystèmes anciens, natifs et riches en biodiversité par des plantations de monocultures d’arbres.

GFC demande aux gouvernements d’adopter une attitude holistique de l’utilisation des terres et de l’agriculture durable, fondée sur les accords internationaux existants tels que les Objectifs de développement durable ODD [6], les directives volontaires des Nations Unies sur une gouvernance responsable de la tenure des terres, de la pêche et des forêts, [7] la Convention sur la diversité biologique [8], la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones, [9] la Convention sur la lutte contre la désertification, [10] ainsi qu’un autre document important qui exprime l’opinion des mouvements sociaux, la déclaration de Nyéléni sur la souveraineté alimentaire [11]. La résilience au changement climatique devrait être un objectif intégral et important de telles pratiques.

“Les pratiques coutumières des peuples autochtones, des communautés locales et des femmes, ainsi que leur savoir traditionnel, non seulement contribuent à la conservation et à la restauration de la biodiversité, mais ils forment également la pierre angulaire de la résilience au changement climatique grâce à l’écosystème. Ces pratiques offrent presque toujours des avantages connexes d’atténuation du climat et doivent occupées une place prioritaire dans tout futur accord sur le climat. » souligne Hindou Oumarou de l’Association des femmes autochtones du Tchad et membre du conseil d’administration de GFC

 

Notes

[1] Global Forest Coalition est une coalition à niveau mondial d’environ 80 ONG et d’organisations de Peuples autochtones de 53 pays différents luttant pour des politiques de conservation forestière socialement juste et basée sur les droits.

[2] https://globalforestcoalition.org/wp-content/uploads/2015/11/LULUCF-paper-FR.pdf

[3] L’utilisation des terres, le changement d’affectation des terres et la forêt (UTCATF) sont définis par le secrétariat sur le changement climatique des Nations Unies comme « un inventaire du secteur des gaz à effet de serre qui couvre les émissions et absorptions des gaz à effet de serre résultant d’activités anthropiques de l’utilisation de terres, des changement d’affectation des terres et de la foresterie » voir : http://unfccc.int/land_use_and_climate_change/lulucf/items/1084.php

[4] Dans le cas du Protocole de Kyoto une approche brute / nette est adoptée ce qui permet aux parties de l’annexe 1 de comparer leurs émissions dans une année donnée à une quantité attribuée de GES sur lequel la partie a donné son accord. Si la quantité attribuée est plus élevée que les émissions nettes, la partie compte les émissions économisées comme du crédit. Dans le cas contraire, des dettes sont comptabilisées. Lorsque nous considérons la première période d’engagement du Protocole de Kyoto, nous voyons que les absorptions attribuées avaient un niveau trop bas et presque toutes les parties étaient au-delà du niveau de plafonnement et comptabilisaient donc de grandes quantités de crédits.

[5] La réduction des émissions issues de la déforestation et de la dégradation des forêts et l’amélioration des stocks de carbone (REDD+) tente de donner une valeur financière au carbone qui est stocké dans les forêts, offrant des incitations aux pays en développement pour réduire les émissions des zones forestières. Voir : http://www.un-redd.org/aboutredd

[6]. Les Objectifs de développement durable (ODD) adoptés par l’ONU en Septembre 2015 sont reconnus comme une suite aux Objectifs de développement du Millénaire (ODM) et veulent satisfaire des objectifs tels que l’éradication de la pauvreté mondiale, de la déforestation, de la faim et de l’inégalité des genres à l’horizon 2030, assurer des modèles de production et de consommation durables, combattre le changement climatique, promouvoir l’agriculture durable entre autres. Voir : https://sustainabledevelopment.un.org/focussdgs.html

[7] les directives volontaires des Nations Unies sur une gouvernance responsable de la tenure des terres, de la pêche et des forêts dans le contexte de la sécurité alimentaire nationale encourage des droits foncier sûrs et un accès équitable à la terre, aux pêches et aux forêts comme un moyen d’éradiquer la faim et la pauvreté, en soutenant le développement et l’environnement. Voir : http://www.fao.org/nr/tenure/voluntary-guidelines/en/

[8] La Convention sur la diversité biologique (https://www.cbd.int) a adopté une grande quantité de programmes de travail et d’autres décisions sur la conservation des forêts, des terres sèches, des terres humides et autres écosystèmes et agriculture durable, ainsi que des décisions qui demandent instamment aux décideurs politiques de prendre en compte les impacts sur la biodiversité des politiques d’atténuation du climat.

[9] La Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones détermine les droits individuels et collectifs des peuples autochtones ainsi que leurs droits à la culture, l’identité, la langue, l’emploi, la santé, l’éducation et autres questions.

[10] La Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification dans ces pays qui connaissent la sécheresse et / ou la désertification. Particulièrement en Afrique, la Convention combat la désertification et atténue les effets de la sécheresse par des programmes d’action nationaux qui incluent des stratégies à long terme soutenues par la coopération internationale et des partenariats. Voir : http://www.unccd.int/en/about-the-convention/Pages/About-the-Convention.aspx.

[11] La déclaration de Nyéléni sur la souveraineté alimentaire a été produite par plus de 500 représentants des paysans, pêcheurs, éleveurs nomades, peuples autochtones et groupes de consommateurs venant de plus de 80 pays en 2007, pour articuler leur vision de la souveraineté alimentaire. Voir: http://nyeleni.org/spip.php?article290

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