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Biocarburants et biomasse forestière destructeurs, hors de la prochaine Directive sur les Energies Renouvelables » déclarent 115 organisations à la consultation européenne sur les énergies renouvelables

land carbon

Les militants déclarent : Les fausses solutions au changement climatique ne réduisent pas les émissions mais dégradent les terres et les moyens de subsistance dans d’autres pays.

10 février 2016 – 115 organisations et réseaux de la société civile de tout le globe ont publié une déclaration aujourd’hui, demandant à exclure la bioénergie de la prochaine Directive sur les Energies Renouvelables de l’Union Européenne (RED) [1]. La dite déclaration est soumise à consultation au cours du renouvellement de la directive pour 2020 et au-delà [2].

Dans sa nouvelle stratégie pour les énergies renouvelables, l’Union Européenne entend continuer à donner un rôle majeur à la bioénergie industrielle, c’est-à-dire aux biocarburants et à la biomasse forestière. Les militants affirment que les conséquences sérieuses qui en découlent, et dont on éprouve aujourd’hui déjà les effets, seront exacerbées à cause de l’actuel soutien pour les biocarburants et la bioénergie forestière dans l’Union Européenne. Présentement, la bioénergie représente déjà environ deux tiers de l’énergie dite ‘renouvelable’ dans l’Union Européenne.

La bioénergie industrielle n’est pas renouvelable

Au cœur de cette déclaration, le postulat premier avance que la bioénergie ne devrait pas être classée et défendue comme une énergie renouvelable, contrairement aux actuelles définitions de l’Union Européenne. Les militants pointent le fait de plus en plus indubitable que la bioénergie industrielle n’est pas renouvelable dans la mesure où elle ne se réapprovisionne pas aussi vite qu’elle se consume. Pire encore, les émissions de gaz carboniques issues de la combustion de la biomasse visant à produire de l’énergie sont souvent bien plus conséquentes que les émissions issues des combustibles fossiles que ces biocarburants sont sensés remplacer.

Les conséquences dévastatrices de la bioénergie de grande échelle sur les hommes, les forêts et le climat

La déclaration expose un plaidoyer puissant en faveur de l’exclusion de toute forme de bioénergie de la nouvelle législation, en citant de nombreux exemples du mal que les politiques européennes actuelles sur la bioénergie ont fait aux hommes, aux forêts et au climat.

« Les conséquences dévastatrices de la bioénergie à grande échelle, qu’elles soient directes ou indirectes, doivent être pleinement reconnues et réfléchies dans la nouvelle Directive sur les Energies Renouvelables (RED) », déclare Teresa Perez du Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales (WRM) [3]. « Nous nous sommes rassemblés avec 115 autres groupes afin d’envoyer un puissant signal d’alarme à l’Union Européenne quant au fait qu’elle doive changer de position sur la bioénergie ou les risques qu’elle génère plus de mal que de bien. Il est clair que le soutien que l’Union Européenne donne à la bioénergie, en promouvant des plantations forestières industrielles de même qu’en encourageant davantage d’émissions de gaz carboniques, a des incidences directes sur les forêts à un niveau international, et sur les peuples qui en dépendent. »

Des études scientifiques à comité de lecture et des recherches de terrain montrent comment la bioénergie d’échelle industrielle n’est pas renouvelable [4]. Au contraire, elle donne lieu à d’importantes émissions de gaz carboniques et alimente la destruction de forêts d’Amérique du Nord, d’Asie du Sud-Est et d’Europe, riches en biodiversité et qui sont des puits de carbone vitaux. Les biocarburants en particulier sont devenus des facteurs majeurs de la saisie de terres dans l’hémisphère sud, et sont, dans bien des cas, liés à de sérieuses violations des droits du travail et des droits fonciers.

Les standards et les critères de durabilités ne répondront pas au problème

Les signataires de la déclaration rejettent la revendication des décisionnaires, en postulant que les standards de durabilité pour la bioénergie peuvent atténuer de potentielles conséquences néfastes. Helena Paul d’Econexus en Grande-Bretagne [5] déclare que : « Les standards et la certification ne peuvent répondre aux problèmes fondamentaux de l’échelle de la demande et de l’échelle de l’exploitation. Au contraire, la certification aide à légitimer les pratiques de destruction et d’exploitation, en fournissant des mensonges rassurants. Aucun corps régulateur ayant la capacité de vérifier, auditer et sanctionner les chaînes d’approvisionnement de bioénergie, n’existe dans l’Union Européenne, ni nulle part ailleurs. »

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Contacts :

Helena Paul (Econexus), GB : ++44 (0) 7724 711183

Teresa Perez (Mouvement Mondial pour les Forêts Tropicales), Uruguay, ++ 598 2605 69 43, teresap@wrm.org.uy

Almuth Ernsting (Biofuelwatch), GB : ++44 (131) 6232600, biofuelwatch@ymail.com

Notes aux éditeurs :

[1] La déclaration peut être consultée à l’adresse suivante : www.biofuelwatch.org.uk/2016/BioenergyOut-declaration

[2] La consultation qui se clôture le 10 février 2016, peut être consultée à l’adresse suivante : https://ec.europa.eu/energy/en/consultations/preparation-new-renewable-energy-directive-period-after-2020 .

[3] http://wrm.org.uy/

[4] Préalablement à la déclaration, sept organisations ont publié un document d’informations fondé sur des données : La Bioénergie à découvert : Pourquoi la bioénergie ne devrait pas être incluse dans la prochaine Directive sur les Energies Renouvelables de l’Union Européenne : http://wrm.org.uy/wp-content/uploads/2015/11/Why_bioenergy_should_not_be_included_in_the_next_EU_Renewable_Energy.pdf

[5] http://econexus.info/

 

10 févr., 2016
Posted in Press releases, Forests, trees and climate change