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Rapport sommaire sur l’Initiative de résilience de la conservation communautaire : Sabah, Malaisie

22 May, 2018
Posted in community conservation resilience initiative, Supporting Community Conservation

Introduction

L’élaboration de la cartographie des ressources de la
communauté. PACOS Trust

Cette initiative sur la résilience de la conservation communautaire (CCRI) a été réalisée dans cinq villages de Sabah. Ces sites emblématiques ont été sélectionnés car ils reflètent des pratiques différentes d’utilisation des terres qui sont fréquemment observées dans leurs communautés respectives.

Sg. Eloi se situe dans le district de Pita, dans une zone de mangroves, à l’embouchure du fleuve Pitas. Les membres de la communauté oeuvrent à la protection, la restauration et à la mise en place d’une utilisation pérenne de leur forêt de mangroves. Alutok se trouve dans le district de Tenom; une partie de son territoire inclut une réserve forestière commerciale, la réserve forestière de Sipitang et la communauté s’efforce de garantir et de mettre en relief leurs pratiques traditionnelles de gestion de la forêt. Kiau s’étend au pied du Mont Kinabalu dans le district de Kota Belud et les membres de la communauté recherchent activement une reconnaissance officielle de leurs terres de la part du gouvernement et un renouveau de leurs pratiques traditionnelles. Mengkawago est situé dans le district de Tongod, au sein d’une réserve forestière commerciale, la réserve forestière de Mengkawago ; et les membres de la communité tentent d’assurer la continuation de leurs pratiques traditionnelles dans la réserve forestière. Terian est dans le district de Penampang, sur les montagnes de la chaîne montagneuse de Crocker. Le village central est situé en bordure du parc des montagnes Crocker, mais certaines parties du territoire empiètent sur le parc. La communauté oeuvre à renforcer leur système de gestion communautaire des bassins versants.

Avec l’aide d’un financement de la Fondation du Commonwealth, ce projet de trois ans (2015-2017) a pour objet de renforcer la résilience des institutions coutumières et des systèmes de gouvernance des ressources naturelles par les peuples autochtones grâce à un engagement constructif dans les processus de prise de décisions. Le projet comporte plusieurs volets : une documentation des institutions coutumières et des systèmes de gouvernance des ressources naturelles, un renforcement des réseaux locaux et internationaux et un engagement avec les décideurs politiques visant à améliorer la mise en place de législations favorables et la promotion de réformes institutionnelles et législatives. Cinq communités sont concernées venant de différentes parties de Sabah, chacune confrontée à des problèmes différents.

 

L’Initiative de conservation communautaire et l’impact biologique

Une expédition dans la jungle lors de la visite à Mengkawago. PACOS Trust

Le peuple du groupe ethnique Tombunuo de Sungai Eloi, Pitas, dépend de ses forêts de mangroves qui lui apportent protéines, carburant et plantes médicinales. De surcroit, c’est dans les forêts de mangroves que s’exprime leur spiritualité. La communauté identifie et gère ses zones de conservation selon des pratiques et des usages coutumiers et traditionnels.

Les Murut Tahol d’Alutok, Ulu Tomani sont des chasseurs cueilleurs tributaires de la forêt sur laquelle ils veillent avec soin. Par exemple, ils pratiquent la coutume du tavol en préparation pour de grandes et importantes occasions comme les mariages. Tavol est une coutume qui interdit la chasse et la cueillette de ressources dans une zone spécifique de la forêt pendant une certaine période, avant un grand évènement, visant à assurer que les ressources ne s’épuisent pas et à empêcher les conflits dans la communauté.

Située au pied du Mont Kinabalu, la zone de conservation de la communauté forestière Kiau est une zone forestière de 4,150 km² que la communauté considère comme une aire patrimoniale. La communauté Dusun se concentre sur la revitalisation des pratiques forestières traditionnelles telles que l’utilisation de termes de la langue dusun pour ce qui a trait à la forêt (boros puru) et le respect accordé aux esprits de la forêt (mamatang/mamason). Afin de préserver la forêt, ils ont également établi un protocole qui en gouverne l’utilisation.

À Mengkawago, la communauté Sungai Rumanau, tributaire de la forêt, est l’une des rares communautés qui pratique toujours l’ancien savoir de la collecte du miel d’abeilles dont l’essaim se trouve dans une espèce d’arbre particulière (Menggaris). La communauté a documenté son savoir traditionnel sur la collecte de miel sauvage au sein de leur zone forestière communautaire, zone qu’ils tentent également de protéger. En collectant le miel de façon pérenne, la communauté protège également la forêt environnante, avec les bénéfices environnementaux qui en découlent.

Les membres de la communauté Dusun de Terian habitent dans les collines ; la plupart sont fermiers, et cultivent le riz et des cultures de rente telle que le caoutchouc. Ils sont tributaires de la rivière Terian pour subvenir à leurs besoins et disposent d’une micro turbine hydraulique qui génère de l’électricité et d’un système d’approvisionnement en eau propre par gravité ; ils gèrent et maintiennent activement en bonnes conditions la rivière et le bassin versant dans leur village.

 

Des menaces internes et externes pèsent sur l’IRCC

La communauté a fait des efforts pour replanter les palétuviers dans les zones affectées. PACOS Trust

Un projet d’élevage de crevettes à grande échelle à Sungai Eloi entraine le défrichage des mangroves qui sont essentielles à la subsistance des communautés et au maintien de l’environnement avoisinant. Plus de 8 km² ont été défrichés depuis 2012. Les services de Protection de l’Environnement ont approuvé l’étude d’impacts environnementaux (EIE) et l’entreprise prévoit le défrichage de 4 km² supplémentaires en dépit des protestations des communautés et de certaines ONG. Les dirigeants de la communauté sont menacés – il s’agit d’une tendance mondiale croissante qui affecte les dirigeants des peuples autochtones et les défenseurs de l’environnement.

Une partie d’Alutok et de sa communauté forestière fait partie d’une réserve forestière de classe II qui est, à présent, la propriété d’un concessionnaire (Sabah Forest Industry), ce qui précarise la tenure foncière des membres de la communauté. Ils se voient confrontés à des menaces d’empiétement, puisqu’ils n’ont aucun droit sur les forêts, et à la possibilité de perdre leur forêt communautaire à cause de la déforestation et des plantations d’ Acacia Mangium La faune et la flore de cette zone sont également atteintes.

À l’origine, les communautés de Kiau utilisaient leurs territoires coutumiers comme des terrains de chasse où ils glanaient et chassaient pour se nourrir. Après que le gouvernement ait désigné ces forêts comme parc national en 1964, la communauté en a perdu la propriété et en conséquence leur pratiques traditionnelles de chasse et de cueillette ont été interdites. Bien que les forêts aient été retirées du parc national en 1980, elles sont toujours légalement propriété de l’État et la tenure foncière de la communauté est toujours précaire. Des projets de développement de tourisme préoccupent la communauté car les entreprises intéressées peuvent maintenant faire des demandes d’obtention de titre foncier.

Mengkawago fait partie d’une réserve forestière de classe II depuis 1984. Tout comme à Alutok, la communauté n’a aucun pouvoir de gouvernance sur la forêt qui peut être abattue par le concessionnaire. Tout autre activité humaine (telle que la chasse) au sein de la Réserve forestière est interdite sans un permis, ce qui affecte l’accès aux ressources forestières de la communauté et leurs pratiques traditionnelles tributaires des forêts.

Alors que le village de Terian est assez isolé avec un mauvais accès à des routes de gravier, il est parmi les neuf villages menacés de submersion ou de relocation à cause de la proposition de développement du barrage Kaiduan (12km² de terres submergées et 350 km² désignées comme réserve de bassin versant). Même avant le projet de barrage, la communauté de Terian luttait pour la reconnaissance des parties de son territoire, dont des terrains de chasse, qui font partie d’un parc national (le Parc national de Crocker Range).

 

Approches, stratégies et politiques axées sur les solutions

Sungai Eloi, Pitas
La communauté promeut l’importance environnementale, sociale et culturelle des mangroves ainsi que leur gestion et protection. Elle fait appel à l’entreprise, au gouvernement national et aux agences concernées d’arrêter le défrichage des mangroves et d’aider à leur restauration. Les communautés ont également entrepris une campagne de sensibilisation sur leur lutte lors des réunions régionales et internationales sur les droits humains et la conservation de la biodiversité.

Alutok, Ulu Tomani
À Alutok, des réunions de la communauté et des ateliers vont être organisés afin de former un comité de tavol visant à sensibiliser la communauté et les jeunes sur l’importance de la pratique tavol. Il est aussi prévu d’organiser des formations dans le but de consolider les compétences et la capacité du comité de tavol dans la documentation. Ils espèrent qu’en présentant la pratique du tavol comme une bonne pratique de gouvernance de la forêt, elle pourra être reconnue et soutenue par le gouvernement et les décideurs politiques et qu’ainsi, leur forêt communautaire pourra être retirée de la Réserve forestière — ou tout au moins que la gouvernance et la gestion de la forêt communautaire au sein de la Réserve forestière leur soit dévolue.

Kiau, Kota Belud
Les membres de la communauté s’efforcent à présent d’obtenir une reconnaissance de leur aire de conservation en travaillant avec le parc de Sabah et Ecolinc [projet dont le but est d’augmenter les liens entre le Parc de Crocker Range et le Parc de Kinabalu, notamment grâce à la reconnaissance des APAC (aires du patrimoine autochtone et communautaire)] et en faisant une demande de désignation de Réserve nationale, dans l’espoir de pouvoir protéger la forêt selon les pratiques traditionnelles. Ils veulent que le gouvernement reconnaisse la réserve forestière communautaire et pour ce faire, ils prévoient de mieux documenter leurs pratiques, de mettre à jour le protocole de la communauté et de rencontrer les agences gouvernementales concernées.

La récolte du miel par les membres de la communauté Mengkawago. PACOS Trust

Mengkawago, Tongod
La communauté de Mengkawago espère démontrer l’importance et les multiples valeurs de la forêt et obtenir une reconnaissance légale ainsi que la protection de leurs terres coutumières, de leurs pratiques et de leurs moyens d’existence. Jusqu’à présent, la communauté a réussi à terminer la carte et le profil de la communauté et a documenté les sites historiques. Elle est également en train de documenter la pratique traditionnelle de collecte de miel en tant qu’exemple de gestion communautaire de la forêt. La communauté espère que grâce à la documentation de cette activité traditionnelle, elle pourra obtenir un accord officiel avec le Ministère de la Forêt prenant en compte les bénéfices mutuels apportés à la conservation de la forêt. Cet accord pourrait également aplanir les difficultés qui existent entre le Ministère de la Forêt et les communautés en ce qui concerne les activités agroforestières (Lasimbang, 2016).

Terian, Ulu Papar
Les membres de la communauté de Terian vont nommer un comité de travail, organiser des campagnes de sensibilisation et engager des dialogues avec les parties concernées afin de démontrer qu’ils sont les gardiens des bassins versants et des forêts avoisinantes — qui font également partie de la Réserve de Biosphère de l’UNESCO. La communauté espère que le projet de barrage sera reconsidéré, sinon arrêté complètement, et que leur protocole traditionnel sera reconnu. Les efforts afin d’établir une Zone d’utilisation communautaire avec les parcs de Sabah n’ont pas encore porté fruit, bien que cette zone soit maintenant reconnue comme Réserve de Biosphère de l’UNESCO. Peut-être pourraient-ils discuter avec l’UNESCO des préoccupations concernant le barrage, mais il reste des défis plus importants tels que le financement du gouvernement et le processus d’approbation.

 

Conclusions et recommendations préliminaires

Le rituel de la communauté pour demander aux esprits des forêts de protéger les mangroves de l’invasion and de la destruction. Sudin Ipung/G6

Les communautés concernées ont démontré leur résilience et leur capacité à être des gardiens de leurs territoires coutumiers mais des défis considérables menacent encore leurs territoires et leurs pratiques à court et à long terme. Les protocoles communautaires consolidés pourront servir de base claire à des dialogues ciblés et à des négociations avec les agences gouvernementales et autres parties concernées. À présent, des dispositions politiques et législatives existent qui pourraient être mises en place par le gouvernement. Cependant, avant d’atteindre les objectifs, certains défis s’élèvent, notamment l’élimination de possibles conflits d’intérêt, la reconnaissance appropriée des différentes formes de loi coutumière et de système de gouvernance et l’assurance d’une gouvernance équitable et d’une gestion efficace des ressources naturelles dans les zones qui chevauchent les territoires des communautés. Une coordination entre les agences gouvernementales, la promotion d’une recherche et d’une éducation appropriées à la cuture et une juridiction favorable permettraient de surmonter certains défis (Lasimbang, 2016).

Une recommandation commune à toutes les communautés est de tenter d’obtenir une reconnaissance des protocoles de leur communauté auprès des cours de justice autochtones, spécialement lorsque le système judiciaire de l’état n’a pas reconnu les lois et les pratiques coutumières.

Sg. Eloi, Pitas
Tout développement supplémentaire de l’élevage de crevettes devrait être stoppé afin d’empêcher d’autres dommages sur les mangroves et les promoteurs du projet devraient payer les frais encourus pour la restauration de la mangrove détruite. Le Ministère de la Protection de l’Environnement devrait retirer l’approbation accordée à l’évaluation des impacts du projet d’aquaculture et organiser une consultation publique avec une participation complète et effective des villages de la zone concernée. Une consultation indépendante devrait être menée sur les impacts des programmes d’éradication de la pauvreté des gouvernements fédéraux et nationaux (tel que le projet d’élevage de crevettes). Les communautés devraient avoir le droit de déterminer le type de développement qui est approprié à leur mode de vie. Une autre option légale à prendre en considération, serait de travail avec le Ministère de l’irrigation et de l’assainissement afin de reconnaitre la présence de zones de conservation d’eau dans les mangroves de la communauté.

Alutok, Ulu Tomani
Le service de la Forêt de Sabah devrait retirer la forêt de la communauté de la Réserve forestière classe II ou la reclassifier en tant que réserve de forêt domestique (Classe III) et rendre aux communautés les responsabilités de gouvernance et de gestion, qu’elles exerceraient selon les pratiques et les savoirs autochtones. Cet arrangement devrait supprimer toute exigence de défrichage de la forêt sous couvert d’éradication de la pauvreté. Tout au moins, un accord de cogestion devrait être établi avec la communauté pour la gestion de la forêt communautaire.

Kiau, Kota Belud
Les Parcs de Sabah devraient continuer à apporter leur soutien à la communauté dans son effort de reconnaissance des pratiques de conservation mais d’une façon qui soit spécifique à chaque communauté dans la zone (corridor) de Ecolinc. Il conviendrait de discuter du pour et du contre des réserves autochtones et de toute autre forme de reconnaissance juridique, avec la communauté avant de procéder à une classification. Les Parcs de Sabah et toute entreprise intéressée par les opérations touristiques dans cette zone devraient aider la communauté à mettre en place des initiatives d’éco-tourisme en accord avec le protocole de la communauté et son plan de développement. Une autre option est également en considération, elle consiste à travailler avec le service des forêts de Sabah afin de délimiter et de classifier la réserve forestière de la communauté en accord avec le protocole de la communauté.

Mengkawago, Tongod
Tout comme à Aluko, le service des forêts de Sabah devrait retirer le territoire traditionnel de la communauté de la Réserve forestière ou au minimum le reclassifier en tant que Réserve forestière de classe III et rendre les responsabilités de gouvernance et de gestion, à la communauté qui les exercerait selon les savoirs et les pratiques autochtones. Tout au moins, le service forestier, le concessionnaire et la communauté devraient établir un accord de cogestion permettant à la communauté d’accéder aux produits non ligneux afin de subvenir à leurs besoins et de protéger les arbres dont les abeilles dépendent. La communauté devrait également recevoir une compensation foncière égale en taille, qualité et fertilité à ce que le concessionnaire a défriché, cette compensation doit être décidée en accord avec la communauté. Une autre option afin de subvenir aux besoins de la communauté est également en considération, elle consiste à travailler avec le service social du Ministère des Forêts afin d’aider la communauté à établir une entreprise locale pour la collecte du miel.

Terian, Ulu Papar
Le gouvernement national devrait immédiatement stopper le projet de construction du barrage de Kaidan et identifier des alternatives d’approvisionnement en eau de la ville, notamment la rénovation des tuyaux afin d’éviter les fuites. Les Parcs de Sabah, le Ministère du Tourisme, de la Culture et de l’Environnement devraient jouer un rôle plus actif et soutenir la communauté d’Ulu Papar dans son refus du barrage et utiliser la désignation de Réserve de biosphère de l’UNESCO afin de reconnaitre les contributions de la communauté dans la gestion des bassins versants et plus généralement dans la conservation de la biodiversité ainsi que le besoin d’activités économiques pérennes dans la zone. Cela pourrait signifier reconnaitre juridiquement des zones de conservation des eaux et des zones utilisées par la communauté. Les protocoles de gestion des bassins versants des communautés devraient être reconnus officiellement et appuyés par toutes les agences gouvernementales concernées.

 

Témoignage

Olon Somoi. Beverly Joeman/GFC

« La mangrove, c’est chez nous. Elle a été dévastée par l’élevage de crevettes. Nos dirigeants ne nous aident pas à défendre notre terre. En 2012 on nous a menacé quand nous essayions de chasser pour nous nourrir dans nos terrains de chasse traditionnels. Le manque de nourriture traditionnelle nous a gravement affecté. Il y a moins de lukan (coquillages), de poissons et de crabes. Certains jours, il n’y en pas du tout. Les demandes de propriété foncière à Kampung Kuyu ont été annulées en faveur de la ferme d’élevage de crevettes. Nous voulons que l’APAC continue dans notre communauté. Nous restaurons nos mangroves nous-même, nous voulons qu’elles soient préservées. Nous sommes prêts à mourir pour défendre notre terre. » Olon Somoi, 46 ans, Kampung Sungai Eloi, Pitas.

Ce document est un résumé du rapport complet de l’IRCC sur la résilience des pratiques de conservation des communautés en Sabah, Malaisie, qui est disponible à l’adresse: https://globalforestcoalition.org/community-conservation-resilience-initiative-ccri-full-country-report/

Références

Sabah Forestry Department, 2011. Sabah Forestry Department Annual Report 2010. Sandakan, Sabah. http://www.forest.sabah.gov.my/pdf/ar2010/index.htm

Lasimbang, J., 2016. “At least 5 communities practise ‘Tagal Hutan’. Workshop on Promoting Tagal Hutan to Conserve Traditional Indigenous Practice, Enhance Watershed Management and Address Climate Change. Daily Express, 18 February, p2a. http://www.dailyexpress.com.my/news.cfm?NewsID=106900

Lasimbang. J., 2016. « Tagal Hutan to conserve culture, land and forest through development of a Policy Framework”. http://www.fao.org/fileadmin/user_upload/rap/Asia-Pacific_Forestry_Week/doc/Stream_4/ST4_24Feb_Jannie_-_Tagal_Hutan_land_rights.pdf